Référence · Allergènes
Fruits à coque : les huit espèces de l’annexe II — et pourquoi l’arachide n’en est pas
« Fruits à coque » n’est pas une catégorie ouverte : l’annexe II du règlement INCO en nomme huit, une par une, avec leur nom botanique. Ce qui n’y figure pas n’est pas un allergène au sens du no 8 — et ce qui y ressemble le plus, l’arachide, a son propre numéro.
Ce que le règlement appelle « fruits à coque »
Le no 8 de l’annexe II, dans son intégralité :
« Fruits à coque, à savoir : amandes (Amygdalus communis L.), noisettes (Corylus avellana), noix (Juglans regia), noix de cajou (Anacardium occidentale), noix de pécan [Carya illinoinensis (Wangenh.) K. Koch], noix du Brésil (Bertholletia excelsa), pistaches (Pistacia vera), noix de Macadamia ou du Queensland (Macadamia ternifolia), et produits à base de ces fruits, à l’exception des fruits à coque utilisés pour la fabrication de distillats alcooliques, y compris d’alcool éthylique d’origine agricole. »
Deux choses méritent d’être relevées. D’abord « à savoir » — la liste est fermée, pas exemplative. Ensuite l’exception finale : un distillat obtenu à partir d’un fruit à coque ne déclenche pas la déclaration.
Les huit espèces
| Dénomination | Nom botanique |
|---|---|
| amandes | Amygdalus communis L. |
| noisettes | Corylus avellana |
| noix | Juglans regia |
| noix de cajou | Anacardium occidentale |
| noix de pécan | Carya illinoinensis (Wangenh.) K. Koch |
| noix du Brésil | Bertholletia excelsa |
| pistaches | Pistacia vera |
| noix de Macadamia ou du Queensland | Macadamia ternifolia |
« Et produits à base de ces fruits » couvre le reste : farine d’amande, huile de noix, pâte de pistache, praliné de noisette.
🔴 L’arachide n’est PAS un fruit à coque
C’est l’erreur la plus fréquente, et elle coûte des deux côtés. L’arachide est botaniquement une légumineuse, et le règlement en fait un allergène distinct :
« Arachides et produits à base d’arachides. »
Annexe II, no 5
Donc : une pâte à tartiner à l’arachide se déclare « arachides », jamais « fruits à coque ». Et un produit qui contient les deux nomme les deux. Qui les confond soit invente un allergène là où il n’y en a pas, soit en tait un.
Ces « noix » qui n’en sont pas
| Ce qu’on appelle noix | Statut dans l’annexe II |
|---|---|
| Arachide | annexe II n° 5 — un allergène à part entière, à déclarer séparément |
| Noix de coco | ne figure à aucun numéro de l’annexe II |
| Noix de muscade | une épice ; pas à l’annexe II |
| Pignons de pin | pas à l’annexe II |
| Châtaigne | pas à l’annexe II |
⚠️ Cela ne veut pas dire qu’elles sont sans risque pour un consommateur allergique — seulement qu’elles ne déclenchent pas l’obligation du no 8. Une mention volontaire reste possible ; elle ne doit simplement pas induire en erreur.
Comment les déclarer correctement
L’article 21, paragraphe 1, point a), demande une « référence claire au nom de la substance ou du produit énuméré à l’annexe II ». Comme l’annexe nomme les huit espèces une par une, c’est l’espèce qu’il faut écrire :
| Écriture | Conforme ? |
|---|---|
farine d’amande | ✅ l’espèce est nommée |
praliné (noisettes) | ✅ l’espèce est nommée |
fruits à coque | 🔴 laquelle des huit ? |
noix mélangées | 🔴 aucune espèce nommée |
S’y ajoute la mise en évidence : le nom doit être « mis en évidence par une impression qui le distingue clairement du reste de la liste des ingrédients » (article 21, paragraphe 1, point b)). Ce qui ressort est le nom de l’annexe II — « amande » dans « farine d’amande », pas le mot « farine ».
Pour la vue d’ensemble des quatorze, voir la liste des 14 allergènes ; pour le cadre complet, le règlement INCO.
En vrac et au restaurant
L’article 44, paragraphe 1, point a), rend l’information sur les allergènes obligatoire aussi hors emballage. En France, l’article R. 412-13 du code de la consommation veut qu’elle figure sur la denrée ou à proximité, et l’article R. 412-14 qu’au restaurant elle soit donnée « sous forme écrite, de façon lisible et visible ». Une carte qui annonce « contient des fruits à coque » sans dire lesquels ne suffit pas davantage qu’une étiquette.
Questions fréquentes
Quels sont les fruits à coque au sens du règlement INCO ?
Huit espèces : amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistaches et noix de Macadamia ou du Queensland — plus les produits à base de ces fruits.
L’arachide est-elle un fruit à coque ?
Non : c’est une légumineuse, et l’annexe II en fait un allergène distinct (no 5).
La noix de coco compte-t-elle comme fruit à coque ?
Non, elle ne figure à aucun numéro de l’annexe II — pas plus que la muscade, les pignons de pin ou la châtaigne.
Faut-il nommer l’espèce ou écrire « fruits à coque » ?
Oui. « Amandes », pas « fruits à coque ».
Ne plus jamais oublier une noix
Foodlex reconnaît les huit espèces derrière leurs écritures habituelles, les sépare de l’arachide et les met en évidence là où le règlement l’exige. La formule gratuite suffit pour l’essayer.
Cet article est une information générale et ne remplace pas un conseil juridique. Le règlement est cité d’après la version consolidée du 1er janvier 2018 sur EUR-Lex (CELEX 02011R1169-20180101). Textes français : code de la consommation, articles R. 412-13 (LEGIARTI000032807852) et R. 412-14 (LEGIARTI000032807854).