Guide · Étiquetage

Créer une étiquette alimentaire : les mentions obligatoires, pas à pas

Qui met une denrée préemballée sur le marché — une boulangerie, un petit producteur, un traiteur — doit l’étiqueter selon le règlement européen sur l’information des consommateurs, le règlement (UE) nº 1169/2011. Ce guide montre quelles mentions sont obligatoires, comment se construit le tableau nutritionnel, et ce qui compte pour les allergènes et le corps de caractère.

Ce que règle le règlement

Il fixe, pour toute l’Union, les informations que le consommateur doit trouver sur une denrée. Il s’applique depuis le 13 décembre 2014 ; la déclaration nutritionnelle obligatoire a suivi le 13 décembre 2016. Le but est que la décision d’achat repose sur une information claire, comparable et non trompeuse.

Les mentions obligatoires en un coup d’œil

L’article 9 énumère ce que doit porter une denrée préemballée :

  • La dénomination de la denrée alimentaire (ce qu’elle est réellement, pas un nom de fantaisie)
  • La liste des ingrédients, dans l’ordre décroissant de leur importance pondérale
  • Les allergènes de l’annexe II — mis en évidence dans la liste des ingrédients
  • La quantité de certains ingrédients (QUID — « fraises 40 % »)
  • La quantité nette
  • La date de durabilité minimale ou la date limite de consommation
  • Les conditions particulières de conservation ou d’utilisation, le cas échéant
  • Le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’exploitant du secteur alimentaire
  • Le pays d’origine ou le lieu de provenance, dans certains cas
  • Un mode d’emploi, lorsque son absence rendrait difficile un usage approprié
  • Le titre alcoométrique pour les boissons titrant plus de 1,2 % d’alcool en volume
  • La déclaration nutritionnelle

La déclaration nutritionnelle : les « Big 7 »

Le tableau nutritionnel porte sept valeurs — toujours pour 100 g ou 100 ml, et dans cet ordre :

ValeurExemple pour 100 g
Valeur énergétique (kJ / kcal)987 kJ / 234 kcal
Matières grasses3,2 g
– dont acides gras saturés0,6 g
Glucides41,0 g
– dont sucres2,1 g
Protéines8,9 g
Sel1,1 g

Les fibres alimentaires, les acides gras mono- et polyinsaturés, les polyols, les vitamines et les sels minéraux peuvent s’ajouter à titre volontaire — les deux derniers seulement s’ils sont présents en quantité significative. La valeur énergétique se calcule à partir des teneurs en nutriments ; une base de données correcte compte donc — sur le marché français, la table CIQUAL de l’ANSES. Elle doit figurer dans les deux unités : le convertisseur kJ en kcal s’en charge.

Allergènes : 14 substances, clairement mises en évidence

L’annexe II nomme 14 groupes de substances comme les déclencheurs les plus fréquents d’allergies et d’intolérances — parmi eux les céréales contenant du gluten, les œufs, le lait, le soja, les arachides, les fruits à coque, le céleri, la moutarde, les graines de sésame et les sulfites. L’article 21 exige que le nom de la substance de l’annexe II soit « mis en évidence par une impression qui le distingue clairement du reste de la liste des ingrédients, par exemple au moyen du corps de caractère, du style ou de la couleur de fond ». En pratique, c’est le gras :

Farine complète de seigle, eau, farine complète de blé, graines de tournesol, levain (seigle), sésame, sel, levure.

Les traces non intentionnelles sont souvent ajoutées (« peut contenir des traces de … ») — cette mention est volontaire. Pour les denrées vendues non préemballées (un comptoir, un restaurant), l’article 44, paragraphe 1, point a), maintient l’obligation d’indiquer les allergènes ; les modalités sont fixées au niveau national.

Corps de caractère et lisibilité

Les mentions obligatoires doivent être faciles à lire. L’article 13, paragraphe 2, exige une hauteur de x égale ou supérieure à 1,2 mm (la hauteur de x est définie à l’annexe IV). Pour les emballages « dont la face la plus grande a une surface inférieure à 80 cm² », l’article 13, paragraphe 3, autorise 0,9 mm. La hauteur de x est celle du « x » minuscule de la police — pas celle des capitales.

De la recette à l’étiquette en cinq étapes : noter la recette, calculer les valeurs
                   nutritionnelles pour 100 g d’après la table CIQUAL, classer les ingrédients par ordre
                   pondéral décroissant selon l’article 18, mettre en évidence les allergènes de l’annexe II
                   selon l’article 21, imprimer avec une hauteur de x d’au moins 1,2 mm selon l’article 13.
Le chemin de la recette à l’étiquette finie, en cinq étapes. Seule la première — noter la recette — reste manuelle.
Schéma : Foodlex. Règlement (UE) nº 1169/2011, articles 13, 18 et 21.

Cinq étapes vers une étiquette conforme

  • Noter la recette — chaque ingrédient avec sa quantité.
  • Calculer les valeurs nutritionnelles — ramenées à 100 g, perte à la cuisson comprise.
  • Déterminer les allergènes — les déduire des ingrédients et les mettre en évidence.
  • Réunir les mentions obligatoires — dénomination, QUID, quantité nette, date, exploitant responsable.
  • Vérifier la mise en page — corps de caractère, ordre des valeurs nutritionnelles, exhaustivité.

Questions fréquentes

Quelles valeurs nutritionnelles doivent figurer sur une étiquette alimentaire ?

Les sept valeurs de la déclaration nutritionnelle, pour 100 g ou 100 ml : la valeur énergétique (en kJ et en kcal), les matières grasses, dont les acides gras saturés, les glucides, dont les sucres, les protéines et le sel. Les fibres, les acides gras insaturés, les polyols, les vitamines et les sels minéraux peuvent s’y ajouter à titre volontaire.

Les allergènes doivent-ils être mis en évidence ?

Oui. L’article 21 exige que le nom de la substance de l’annexe II soit « mis en évidence par une impression qui le distingue clairement du reste de la liste des ingrédients, par exemple au moyen du corps de caractère, du style ou de la couleur de fond ». En pratique, c’est le gras. Ce qui est mis en évidence est la dénomination de l’annexe II, pas le mot entier.

Quelle taille de caractères sur une étiquette alimentaire ?

Les mentions obligatoires exigent une hauteur de x « égale ou supérieure à 1,2 mm », telle que définie à l’annexe IV. Pour les emballages dont la face la plus grande a une surface inférieure à 80 cm², l’article 13, paragraphe 3, autorise 0,9 mm. La hauteur de x est celle du « x » minuscule, pas celle des capitales.

Cet article est une information générale et ne remplace pas un conseil juridique. Ce qui compte est le texte du règlement dans sa version applicable (articles 9, 13, 21 et 30 du règlement (UE) nº 1169/2011). Le texte français est cité d’après la version consolidée du 1er janvier 2018 publiée sur EUR-Lex.